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Les luttes sociales

en livre audio

CARACOLE
Les luttes sociales en livre audio

Constitution & Promesse d’émancipation

Les constitutions servent-elles davantage à émanciper les peuples ou à les dominer ? Pour cette nouvelle thématique sur Caracole, nous proposons deux ouvrages qui interrogent les promesses d’émancipation populaire que véhiculent l’écriture et la mise en œuvre des constitutions. Dans chacun d’eux, les constitutions sont considérées comme des lieux de luttes entre des groupes sociaux qui cherchent à faire valoir des intérêts antagonistes. Par elles, les classes dominantes tentent de naturaliser, de légitimer et de renforcer leur pouvoir, tandis que les peuples en luttes pour leur émancipation fondent leurs espoirs sur leur réécriture.

La constitution au XXIe siècle, paru chez Amsterdam, écrit et lu par la juriste Lauréline Fontaine, tente une histoire globale des constitutions en tempérant l'imaginaire positif qui les accompagne. L’autrice critique ce qu’elle qualifie d’idéologie constitutionnaliste.  Elle montre en quoi les constitutions sont souvent des fétiches qui permettent aux classes dominantes de donner aux peuples l’illusion d’un bon gouvernement, en prétendant garantir un ensemble de droits et libertés. En réalité, elles servent généralement de verrous antidémocratiques dans le sens de politiques néolibérales ou capitalistes.
La Mémoire du futur, paru chez Lux, est un essai du philosophe Pierre Dardot qui décrit finement un processus constituant qui émerge en 2019 au Chili, à partir d’une longue montée en puissance de la contestation sociale (principalement les milieux féministe, mapuche et étudiant). Cette contestation se cristallise peu à peu contre la constitution en place héritée du régime de Pinochet.  Le livre montre comment s’opère le transfert de la radicalité de cette contestation depuis la rue vers le nouveau texte constitutionnel, qui conduit à une pacification du mouvement. En outre, bien que l’amorce d’un processus constituant ait été massivement soutenue par les Chilien·nes, le texte finalement soumis au référendum, pourtant radicalement progressiste, n’apparaitra émancipateur qu’aux yeux d’une minorité d’entre elles et eux.